Les Jardins de la solidarité – Paroles de salariés

Productions maraîchères, livraisons de paniers bio, pépinière et chantiers « espaces » vert, les jardins de la solidarité de Moirans donnent l’opportunité à 26 salariés en insertion de reprendre goût au travail et plus encore… Témoignages de deux salariés…

Stéphanie
Conditionneuse / livreuse des paniers bio depuis le 1er septembre 2012
25 ans, 1 enfant

«Quand je suis arrivée aux Jardins, ça faisait 5 ans que je n’avais pas travaillé. J’ai eu des gros problèmes de logement et je devais aller souvent aux restaurants du Coeur pour la nourriture. J’ai maintenant un logement et depuis que je suis aux Jardins, j’ai découvert et gouté beaucoup de légumes que je ne connaissais pas. Au début j’avais un peu peur de conduire le camion, et j’avais aussi un peu peur de me tromper sur les livraisons (il y a beaucoup de lieux différents). Maintenant ça va très bien.
Depuis que je suis ici, j’apprécie aussi de retravailler en équipe et de ne plus être seule. J’aime l’ambiance, j’ai rencontré des gens sympathiques et je me suis tout de suite sentie à l’aise et acceptée.
Je n’ai pas encore d’idée sur ce que je vais faire ensuite… »
Geoffrey
Ouvrier maraîcher (1an), puis ouvrier pépiniériste/chantier environnement (1an)
25 ans, 1 enfant qui arrive

« Pour moi, les jardins, c’est une transformation physique et mentale.
Physiquement :J’ai pris 2 photos pour montrer la différence.
La photo N° 1 date de 2008. Après, je me suis dégradé davantage, mais je n’ai pas voulu la choisir, car
j’étais trop décharné. J’en avais une qu’un copain avait prise. On voyait les côtes. J’ai pas voulu la prendre. Quand je suis arrivé aux Jardins, je devais peser 58 kg. Et je souffrais d’angoisses. Sur la première photo, je n’avais pas tout perdu encore. .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mentalement : D’abord ma façon de voir le boulot : avant je faisais ce qu’on me demandait bêtement. En le faisant étape par étape, aux Jardins (semis, plantation…), je savais pourquoi je le faisaisMa manière de m’organiser dans le travail : meilleure gestion du matériel, je savais ce que je devais pendre comme matériel, j’ai appris à mieux anticiper les choses Une évolution dans ma construction personnelle et aussi professionnelle : Au bout de 1 an, j’avais repris goût au travail.
Je me tenais au cadre : ponctuel et assidu. Je suis arrivé à rechercher des petits boulots de service. A côté. Pour payer mon loyer, les factures… Quels qu’ils soient, les boulots. J’ai déposé des annonces. On m’appelait pour des missions en espaces verts. Pour pouvoir assurer mes missions, c’était nécessaire que j’acquière des compétences. J’ai appris à utiliser des outils techniques : débroussailleuse, tondeuse… Des bases aussi en reconnaissance des végétaux. Mais même si j’aime bien l’horticulture, cela nécessite beaucoup de démarches personnelles pour être « bon ». Dans les chantiers, je me suis vraiment éclaté : sur la création des jardins pour Moirans, l’axe de Bièvre, la revitalisation de la carrière à Saint Etienne de Crossey. J’ai aussi repris des formations. La première, c’était pour que je vérifie que je pouvais rester en salle fermée. Et puis j’ai tout fait : jardinage, maçonnerie paysagère, entretien en espaces verts. J’ai pu acquérir suffisamment de compétences pour me sentir à l’aise dans l’espace vert et même le maraîchage. J’avais déjà fait de la gestion virtuelle sur les jeux en ligne. Cela m’a permis de valider mes compétences. Tout ça m’a permis de prendre un poste d’encadrement à la sortie.
C’est aussi la première fois que je travaille aussi longtemps dans la même boîte et que ça se
termine bien (les tâches confiées correspondent à ce que je sais faire et dois faire et les relations
humaines).
Et puis aussi, aux jardins, j’ai récolté une petite fleur à maturité. Mon médecin me disait qu’il fallait un boulot, un logement et une chérie. J’ai fait la totale. Si je devais présenter les Jardins de la Solidarité à quelqu’un, je dirais : c’est une structure pour reprendre goût au travail, réapprendre à travailler, travailler dehors, travailler en suivant les saisons. Se définir des objectifs, avoir du temps, être accompagné pour ça. Se ré-habiliter. On a tous à y gagner. »

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Les jardins de la Solidarité recherchent des adhérents pour leurs paniers de légumes bio hebdomadaires. Ils proposent une 20éne de points de dépôts sur Grenoble, Meylan, Seyssins, St Egréve, Eybens, St Ismier,  le Pays Voironnais(Moirans, Voreppe, Voiron, Tullins) jusqu’à St Nizier et Lans en Vercors. Paniers à  14,60€ et 10,10€ (sans les frais de transport). Inscription sur le site Internet.

Retrouvez les actions des Jardins de la Solidairité sur leur site internet : http://www.jardins-solidarite.fr