Le service civique, une autre manière d’entrer dans la vie active.

Le service civique, une autre manière d'entrer dans la vie active.

Un après-midi de juillet, boulevard Agutte-Sembat à Grenoble. Bus et voitures se croisent dans un tumulte continu tandis que les passants pressés foncent tête baissée, sous la moiteur d'un orage pesant. Derrière la porte du n°16, le Bureau d'Information Jeunesse s'ouvre sur un espace coloré et frais, calme et agréablement désordonné. C'est dans cet antre de la jeunesse grenobloise que l'association Itinéraire International a donné rendez-vous à des jeunes en quête de nouveaux horizons, d'expériences à l'étranger. C'est ici même qu'Elodie Bernard, en service civique chez Itinéraire International, nous raconte sa passion pour les rencontres culturelles et son rôle en tant que volontaire.

 

Elodie, comment vous êtes-vous retrouvée chez Itinéraire International ?

Mon arrivée est très récente, puisque cela fait tout juste un mois ! La particularité, si cela en est une, c'est mon statut : je suis en effet volontaire au sein de l'association. Je ne régis donc pas d'un contrat à durée déterminée, mais d'une mission de service civique pour une durée de neuf mois.

 
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce statut dont tout le monde parle mais que peu connaissent ?

Il y a effectivement un manque de connaissance comme de reconnaissance de la fonction de volontaire. Pour beaucoup, volontaire = bénévole, voire stagiaire. Même si le service civique n'exige aucun diplôme spécifique ni un niveau minimum d'études, l'acquisition d'expérience et de compétences est bien réel. Il faut donc accentuer le travail d'information sur le volontariat pour que les gens en comprennent toute la dimension.

 

Avez-vous choisi le service civique ou est-ce lui qui vous a choisie ?

Au départ, je refusais d'effectuer une mission de service civique car je ne me sentais pas « légitime », dans le sens où j'avais l'impression de prendre la place à des personnes qui étaient plus prioritaires que moi. Avec un master en coopération internationale et communication multilingue et une expérience à l'étranger (Erasmus) il était évident pour moi que je ne devais me concentrer que sur des offres types CDD ou CDI. Après six mois de recherche d'emploi et l’omniprésence d'offres de service civique sur le marché du travail, je me suis rendue à l'évidence : le service civique pouvait aussi m'offrir des perspectives. La mission proposée chez Itinéraire International correspondait non seulement à mon cursus mais aussi à mon investissement associatif : depuis plusieurs années je suis bénévole et membre du Conseil d'administration de Romans International (association drômoise qui favorise les échanges internationaux dans tous les domaines). J'ai candidaté, ça a marché !

 
Concrètement qu'est-ce qui différencie le service civique d'un stage ou d'un contrat CDD ?

Le service civique s'adresse à tous les jeunes âgés entre 16 et 25 ans, quel que soit leur niveau d'études et implique un engagement de 6 à 12 mois maximum sur une mission d'intérêt général. Pour ma part, j’ai pour rôle d'informer les jeunes sur les possibilités de mobilités à l'étranger et de valoriser leur expérience de projet international. Ma mission est d'une durée de 9 mois et je perçois pour ce service accompli une indemnité de l'État à hauteur de 440 euros par mois et 100 euros de la part d'Itinéraire International. Il faut aussi savoir que lors d'une mission en service civique, on cotise pour la retraite, mais pas pour le chômage. D'où la nécessité de bien anticiper la fin de la mission…

 
L'indemnité paraît dérisoire par rapport à l'investissement de la mission. Comment faites-vous pour vivre avec un revenu bien loin de ceux espérés pour un premier CDD ?

Oui c'est vrai, c'est peu, mais on le sait dès le départ. J'ai la chance d'occuper ma fonction presque à mi-temps (24h/semaine), ce qui me permet de donner des cours de français en parallèle, une manière d'arrondir les fins de mois. Et j'avais aussi réussi à économiser avant, ce qui m'a permis d'accepter ce statut pour une durée définie dans le temps.

 
 
 
 
 
Quels sont les plus et les moins de votre rôle en tant que volontaire chez Itinéraire International ?

Les rencontres sont incontestablement source de richesses. Que ce soit le travail commun avec l’équipe, avec les jeunes que nous accompagnons dans leur projet, ou les partenaires avec qui nous travaillons au quotidien, les échanges me passionnent. C'est très fort de lire l'envie des jeunes dans leur regard, de les aider à réaliser un projet qui pour certains les transforme totalement.

Mes missions me plaisent et me donnent envie de m’investir, mais s’il faut citer un côté plus négatif, ce serait le manque de reconnaissance du statut de service civique dans la société actuelle. Les gens jugent principalement un emploi par le salaire et les avantages qu’on en perçoit. L’engagement et l’investissement personnel ne viennent qu’après.

 

Et à l'issue des neuf mois de votre mission, quelle est la suite ?

Avant tout, j’espère que cette expérience sera un tremplin vers un poste avec plus de responsabilités dans la région de Grenoble. A plus long terme, partir à l'étranger aussi ! Pourquoi pas un projet de mobilité à deux, avec mon ami. En informant les jeunes, j'en profite aussi pour connaître toutes les possibilités d'emploi à l'étranger, et je compte bien monter mon propre projet de mobilité. A suivre !

 

Pour plus d'infos sur Itinéraire International, rendez-vous sur le Site web

Adresse : 39, rue Gabriel Peri

38000 Grenoble
+33 (0)4 76 09 07 82

rhonealpes@itineraire-international.org