Apprendre à se connaître, ailleurs.

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Si pour beaucoup, un séjour à l’étranger rime avec vacances et farniente, d’autres choisissent le volontariat, pour quelques mois. Le but ? Participer à une mission de volontariat (entre le salariat et le bénévolat : travail indemnisé), dans un pays étranger, et se rendre utile à travers le voyage. Partir seul donc, sans amis, ni hôtel-club pour partager une expérience unique au contact de personnes et de cultures différentes, et aller jusqu’à sa propre rencontre. Ce que nous racontent Baptiste (24 ans) et Anthony (21 ans), deux jeunes qui rentrent d’un volontariat courte durée en Grèce organisé par l’Adice Rhône-Alpes.

Pourquoi avez-vous choisi l’ADICE* Rhône-Alpes pour partir à l’étranger ?

Anthony : Une amie était partie en Estonie, pendant un mois, grâce à l’Adice, dans le cadre d’un Service Volontaire Européen (SVE). Lorsqu’elle est revenue elle était super contente de son expérience, et ça m’a donné envie de me lancer aussi. Je me suis renseigné en début d’année et je suis parti en mai, pour un volontariat d’un mois en Grèce. J’ai une formation d’électricien, et comme je ne travaillais pas, c’était le bon moment de réaliser ce projet de voyage.

Baptiste : J’ai connu l’association un peu par hasard ! C’est en me rendant au forum de la mobilité internationale, organisée à Grenoble, que j’ai rencontré Audrey, la coordinatrice. Je lui ai parlé de mes envies de voyage, de mes études, et de ma recherche d’emploi. Tout est allé très vite : il y avait une place restante pour un volontariat d’un mois en Grèce, orienté sur l’environnement. Diplômé en écologie et ne trouvant pas de travail, c’était une belle opportunité !

*Adice : Association pour le Développement des Initiatives Citoyennes.

Quelle était votre mission en tant que volontaire ?

Anthony : Moi je suis très manuel, j’aime bien fabriquer des choses. On m’a proposé de travailler sur la fabrication de baglamas, un instrument traditionnel de musique, dans un village nommé Vassiliko en Grèce. Le matin, on avait rendez-vous à l’atelier avec notre tuteur qui nous apprenait les bonnes techniques, pour travailler le bois, de façon traditionnelle. L’après-midi et les week-ends étaient libres, on faisait ce qu’on voulait !

Baptiste : A la base ma mission était l’entretien d’une forêt et des plages d’une ville nommée Xylokastro. Mais comme nous étions une quinzaine de volontaires, ça allait vite, du coup, on ne faisait pas autant que ce que je pensais. Je le regrette un peu car il y avait plein de choses à faire au niveau de la sensibilisation et de la préservation de la mer, de la forêt… Les grecs n’ont pas encore l’habitude. Mais, comme j’avais de l’argent de côté, j’en ai du coup profité pour voyager : Athènes, les Cyclades… en un mois, j’ai vu du pays !

Anthony : à la découverte de la fabrication de baglamas

Les plus et les moins de votre Service Volontaire Européen ?

Anthony : Sur place, rencontrer des gens du monde entier, c’était vraiment super ! Je ne parlais pas très bien anglais avant de partir, maintenant je peux tenir une conversation. Ce qui a été plus difficile, mais pas insurmontable, c’est la collocation… Je partageais un appartement avec d’autres volontaires, et la vie en communauté n’est pas toujours simple, surtout quand on l’expérimente pour la première fois, et à l’étranger !

Baptiste : Je regrette essentiellement le manque de travail pour ma mission, et aussi le fait que dans mon cas, nous étions beaucoup de français sur le site. Ça ne m’a pas empêché de nouer une relation d’amitié avec un volontaire turc, pour visiter la Grèce et parler anglais ! C’est surtout ce que je retiens de mon séjour, la découverte d’un pays et d’une culture. Et la gratuité aussi de pouvoir faire tout ça : on ne paie rien pour partir avec l’Adice, et c’est une vraie chance.

A refaire ?

Anthony : Oui ! J’ai envie de repartir, mais pour un séjour longue durée cette fois, avec l’objectif de maîtriser l’anglais. J’ai envie de faire mon métier d’électricien à l’étranger plus tard. Je pense que je n’aurais pas eu ces envies là, si je n’étais pas parti avec l’Adice. Le fait qu’on soit très encadré avant, pendant et après notre séjour est très rassurant. Toutes les réunions permettent de savoir au final pourquoi on part, ce qu’on veut faire. Je suis content de m’être lancé et ma famille s’est sentie fière de moi : mon frère a dit que c’était très courageux de partir à l’étranger, en tant que volontaire. Ca m’a touché !

Baptiste : Sans hésiter ! Depuis mon retour, je cherche du travail en France, mais aussi un volontariat à l’étranger pour une longue durée. La formule volontariat est rassurante effectivement car on a un cadre, et ça ne nous coûte pas grand chose. Mais c’est surtout la dimension humaine qui me plaît, se sentir utile en étant volontaire. J’ai envie de poursuivre avec un séjour longue durée, dans mon domaine qu’est l’environnement, en Amérique du Sud ou en Scandinavie. Avec l’envie de travailler davantage sur la mise en place d’actions de sensibilisation, et avec mon BAFA, ça peut bien fonctionner.

Clémentine Lepin (chargée de projets ADICE, Baptiste et Anthony

 

http://www.adice.asso.fr/